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jeudi 12 décembre 2013

La Métro bétonne sa concertation

« C’est ‘ma concertation’ » clamait haut et fort dans le Dauphiné Libéré du 9 octobre Marc Baïetto, président de la Métro, alors que l’association ‘Vercors à Cœur ‘ principale opposition structurée au téléphérique sur le plateau du Vercors lui demandait de ‘monter sur l’estrade’ pour faire valoir ses arguments contradictoires. ‘Ma concertation’, oxymore* révélateur du Baïettisme, forme de gouvernance en vogue chez les hommes de pouvoir consistant à décider tout seul, en faisant mine d’écouter la population. Il aurait dit ‘mon dialogue’ ou ‘mon échange’ que nul n’en eût été davantage surpris tant notre homme a depuis longtemps déserté les roides concepts de la philosophie pour aborder ceux plus élastiques de la ‘démocratie participative’. Donc qu’en est-il de la ‘concertation sauce baïettiste’ et de la démocratie telle qu’elle dysfonctionne dès qu’on aborde des ‘sujets à forte teneur économique’ ?

Réunions ‘déconcertantes’ ou comment escamoter le débat

On aime faire appel au Privé à la Métro : pour organiser les réunions de concertation, distribuer les documents préparatoires, dépouiller les registres mis à la dispositions du public, et même pour inventer le futur de l’agglomération ! « On est plus libre avec le Privé » dixit leur penseur en chef. Bon, il est sûr que c’est un peu plus cher : 270 000 € à Eiffage pour faire de jolis dessins et imaginer sur un coin table, numérique il est vrai, un avenir en béton aux contreforts du Vercors*, ça n’est pas donné. Mais du moment que c’est le contribuable-citoyen qui paie, tout va pour le mieux dans la meilleure des démocraties possibles.
En plus, le privé c’est tellement plus efficace, tellement plus discipliné, d’ailleurs il est docile jusqu’à livrer les documents de concertation avec le retard suffisant pour qu’ils arrivent dans les boîtes aux lettres après les réunions, des fois que les habitants du plateau en soient informés et qu’ils se déplacent en nombre. ‘Problème technique’ susurra d’un air contrit au début de chacune de ces réunions le commis métropolitain chargé d’annoncer les mauvaises nouvelles. Ou alors serait-ce de la simple incompétence ? Mais n’y pensez pas, le Privé plus incompétent que La Poste ! Mais dans quel monde vivrions-nous ? Heureusement que l’association ‘Vercors à Cœur’ a fait le travail en distribuant largement l’information auprès des habitants du plateau ; et pour pas un rond encore !

Un débat de concertation à la sauce Métro, ce sont des intervenants qui exposent pendant des heures les qualités supposées du projet, avec force plaquettes, panneaux et Powerpoint, et qui concèdent royalement au public de chétifs quarts d’heure pour poser leurs questions. Mais interdiction de reprendre la parole après : risque de débat contradictoire en vue ! Grands seigneurs certes, ou s’imaginant comme tels, mais peu enclins devant la faiblesse de leur argumentaire à se confronter aux problèmes concrets du plateau. Comme l’a dit l’un de leurs soutiers à la réunion de Lans-en-Vercors : « On vous fait le cadeau d’être là … » et qui a poursuivi dans sa tête ‘’… faudrait pas en plus nous emmerder avec des questions pertinentes’’. La bronca qu’il a déclenchée a témoigné d’une démocratie un peu moins corsetée que celle concoctée dans les salons à moquette double épaisseur de nos ‘innovants édiles’.
Décidément les vertacomicoriens savent recevoir. Déjà, lors de la réunion inaugurale de Saint-Nizier le commandant en chef Baïetto, avait menacé de quitter la salle car « on se payait sa tête ». Il faut expliquer qu’en proférant – sous la pression d’un questionneur avisé remarquant que ‘’la Métro ferait mieux de s’occuper des problèmes de circulation de l’agglo’’ – une bêtise du genre : « le Rondeau n’est pas ma juridiction » et enchaînant gaillardement avec « son désir d’intervenir dans le Vercors » (pas plus sa juridiction, faut-il le rappeler) qu’il avait déjà abusé de la magnanimité de ses hôtes plus que de raison.
Pour conclure en beauté, le sénateur Jean Faure, édile emblématique du Vercors et pas connu pour être un gauchiste même sur le retour, de qualifier lors de l’ultime réunion de Villard de Lans, les émissaires de la Métro de ‘centurions en mission’ dans l’idiome feutré des politiques rompus aux contorsions langagières. À traduire par ‘envahisseurs’ en langage courant. Ce à quoi répondit Yannik Ollivier, vice-président de la Métro : « qu’il en référerait à César » lâchant par-là le morceau pour un trait d’humour incontrôlé.

Le câble en Vercors ? Un prétexte pour couler du béton

La ‘’concertation’’ aura au moins permis de mettre à jour une chose : la totale méconnaissance du plateau du Vercors et de ses spécificités par les technocrates métropolitains. Méconnaissance teintée d’une morgue malvenue eu égard à leur incapacité vertigineuse à appréhender des réalités aussi simples qu’entre autres celle-ci : le plateau du Vercors est enneigé au moins cinq mois de l’année et s’y déplacer à vélo électrique pour rallier les gares, comme proposé par le porteur technique du projet Michel Gilbert, est d’un ridicule achevé.  On vous en passe et des moins fines… Et puis non, les occasions de rire se faisant rares, encore une du commandant en chef. Revenant de Bolzano, Mecque du pylône et du fil d’acier – évidemment puisqu’il permet de diviser par deux le temps de trajet entre la ville et la vallée alors qu’il l’égale péniblement dans le Vercors – Marc Baïetto déclarait : « Je suis convaincu qu'il nous faut le même système qu'à Bolzano, à savoir un téléphérique débrayable 3S … » [ autour des 100 Millions d’€ ]. Puis à Saint-Nizier quelque temps après : « Il n'est pas question d'un 3S, l'option télécabine est à 53 Millions d’€ ». Quelle constance dans l’analyse ! On sent que le projet est en de bonnes mains.

Pour conclure et résumer leurs intentions et leur pensée, vocable surdimensionné pour qualifier leur insipide verbiage techno-libéral (ville post-carbone, ville solidaire, ville démocratique), on dira de manière lapidaire et propre à être compris par tout le monde, même par eux : ‘’qu’ils s’en foutent, ce qu’ils veulent c’est placer du câble et couler du béton’’.

1 A lire sur le sujet l’excellent bouquin ‘La Politique de l’oxymore’ de Bertrand Méheust aux éditions La Découverte.

2 – Voir sur le numéro du Postillon n°22, l’article "Eiffage prépare le meilleur des mondes pour Grenoble"

mercredi 20 novembre 2013

Centre culturel cherche visiteurs

Peut-être inquiet de voir le Stade des Alpes se remplir à la vitesse d'un escargot de course, Jean-Paul Gouttenoire, alors même que le chantier de SON centre culturel est bien avancé, vient de lancer un appel d'offre pour une étude de définition du fonctionnement dudit centre culturel. L'objet de la prestation est, on ne peut plus explicite, : "Au vu des difficultés rencontrées dans la concrétisation du choix de fonctionnement et des préconisations, il semble nécessaire d'accompagner les acteurs à formaliser, ensemble, un projet de fonctionnement cohérent".

Un classique : "Mettre la charrue avant les bœufs"

Les vieux adages se perdent … et c'est dommage. N'aurait-il pas fallu faire cette étude de faisabilité avant même de prendre la décision de construire ? On comprend mieux maintenant, outre la fidélité à la doctrine de son ami Marc Baïetto, l'entrain avec lequel Jean-Paul Gouttenoire porte le projet de câble, catalyseur de foule à son sens. De l'art de s'accrocher aux branches !


Et si on lui proposait de débattre du téléphérique dans son centre flambant neuf ? Recette assurée, au moins pour la première année ! Pourquoi ne pas programmer aussi l'Hadra 2015 dans l'auditorium du centre culturel ? En voilà au moins deux bonnes idées pour remplir cette salle, idées bien moins onéreuses que ces études au coût inconnu... sauf pour le contribuable Lantier encore une fois !

dimanche 15 septembre 2013

Marc Baïetto a retrouvé sa calculette !

Heureux dénouement à la Métro...
La calculette "scientifique" de Marc Baïetto, longtemps égarée et considérée comme définitivement perdue, a été retrouvée au fond d'un tiroir grâce à un agent d'entretien !

Approximative durant de longues semaines, la simulation des calculs concernant le projet de transport par câble vers le Vercors a enfin pu reprendre sur des bases "scientifiques".
Et l'on apprend coup sur coup : 


Ce ne sont plus 10 000 personnes qui descendent tous les jours du plateau du Vercors vers l'agglomération mais seulement 3 000 ! Confirmé par Marc Baïetto dans une interview donnée le 4 septembre à Radio ISA. Bon ! ce chiffre reste encore un peu élevé mais nous n'en tiendrons pas rigueur à nos experts ès câbles qui ont le courage de se contredire.

Ce n'est plus 50 millions d'euros (estimation "au doigt mouillé") mais 105 millions d'euros HT minimum- hors aménagements connexes - que va coûter ce projet à la collectivité ; s'entend par collectivité, la tirelire du docile contribuable métropolitain, la CCMV ayant déjà bien du mal à estimer le coût de la noria de bus qu'elle devra mettre en place pour assurer le transport des voyageurs à l'arrivée du téléphérique.

Un grand merci donc à cet inconnu fureteur et à l'inventeur de la puce électronique sans lesquels ce projet aurait risqué de voir le jour !

mercredi 20 février 2013

Des précédents instructifs

Chamrousse retoque les mêmes acteurs… pour des raisons assez semblables
Comme dans une vieille pub Canada Dry ... « Ça ressemble au Vercors, c’est doré comme le Vercors… mais ce n’est pas le Vercors ». C'est Chamrousse ! Et pourtant les acteurs sont les mêmes, M. Pierre Jaussaud et M. Baietto en tête, les arguments fallacieux aussi : trafic routier exagéré, vertitude des choses, sous-estimation évidente des coûts réels du projet.
L'histoire est un éternel recommencement et sur un terrain semblable ! 
Un petit coup d'œil sur le site de l'association "Les pieds sur terre" pour comprendre : www.les-pieds-sur-terre.blogspot.fr/

Câble Brignoud-Crolles : dix années d’études pour faire chou blanc
On espère que ça ira plus vite de notre côté parce qu’au prix où sont les études, rien qu’à les payer on aura achevé de ruiner et La Métro (déjà très endettée) et la CCMV. Pour un retour sur toute l’histoire, le site : www.lecrollois.fr/archive/2011/12/16/liaison-crolles-brignoud-reunion-du-15-decembre-2011.html


... Et d'autres encore ! Allevard, Bourg d'Oisans...

dimanche 6 janvier 2013

Les capacités d'emprunt des collectivités locales s'amenuisent

...ou comment se payer un beau téléphérique ?
  • option 1 : on file les clefs du bouzin au privé. Il conçoit, construit, exploite. Cela s'appelle un contrat de partenariat public-privé (PPP) et l'on a déjà expliqué les dérives du système dans un précédent article.
  • option 2 : la Métro finance comme une grande par l'emprunt (rappelons que la Métro est très endettée, à hauteur de 350 millions €) en complétant avec ses deniers propres et en faisant un petit tour de table complétif avec ses collègues de la CCMV (qui ne sont pas encore au courant!) ou du conseil général de l'Isère ! Rappelons toutefois que la règle comptable essentielle en la matière est que le recours à l'emprunt d'une collectivité locale est strictement réservé au financement des investissements. Cela ne résoudra donc pas la couverture des frais de fonctionnement (cf. le stade des Alpes dont la gestion est finalement partie au privé) ... mais là n'est pas la question !
... sauf que l'époque Dexia, premier prêteur du secteur public local, est révolue et que la crise financière est passée par là !

Naguère, les collectivités territoriales étaient utilement secondées par les établissements bancaires pour le financement de leurs investissements : obtention facile du crédit, taux d’intérêts bas, confiance mutuelle... Mais voilà, tout cela est fini !


plouf les comptes publics
Menace sur les investissements publics locaux ?

Les collectivités locales sont désormais confrontées à un manque de financement estimé en 2012 entre 8 et 12 milliards d’euros. Cette raréfaction du crédit suscite une certaine inquiétude de la part des décideurs locaux qui redoutent de ne pouvoir financer les investissements programmés. Des logements sociaux, une déchetterie, des pistes cyclables, des crèches ou un téléphérique (inutile), il va falloir faire des vrais choix de politiques publiques !

Certaines collectivités arrivent encore à trouver la parade :
- en s'alliant pour obtenir des conditions de financement allégées,
- en ayant recours aux emprunts obligataires.

La restriction de l'accès au financement bancaire va peut-être permettre de revoir la pertinence de certains dossiers. Manager dans la pénurie, s’assurer de la pertinence de certains investissements et de leur dimensionnement, il est peut-être là le vrai changement imposé par le risque de panne sèche sur le crédit !

dimanche 9 décembre 2012

Financement "Partenariat Public-Privé" ou comment plomber les finances publiques

Comment financer le projet câble Agglo-Vercors ? Facile nous promettent nos édiles : faisons appel à au Privé ! Depuis quelques années les PPP (financement Partenariat Public-Privé) ont le vent en poupe. Mais depuis que la Cour des Comptes a tiré la sonnette d'alarme (dossier complet sur un partenariat PPP à cette adresse : Les partenariats public-privé pénitentiaires - Cour des comptes) il apparaît que la mariée n'est pas aussi belle que promise…

La Cour des Comptes n'est la seule à se défier de ce type de montage hybride, en voici quelques autres :

L’ancien ministre des Finances, Jean Arthuis, est très sévère avec ces contrats qu’il qualifie « de fuite en avant qu’on ne pourrait plus contrôler ». Il affirme que les PPP sont « une commodité à court terme qui permet de lancer des projets sans faire apparaître tout de suite au budget l’ampleur des dépenses ».

• « Le PPP était à l'origine réservée à des procédures d'urgence. C'est devenu un outil qui favorise la vie à crédit et le surrendettement. A ce titre, c'est un système qui a dérapé » dit François Hollande, Président de la République, en avril 2012 à la revue "l'Architecture d'aujourd'hui".

Deux extrémistes tendance 'anarcho-délirants' certainement très mal informés.

De nombreux exemples de cette gabegie 

Partout sur le territoire, des exemples de ce gaspillage financier occasionné par ces PPP :  hôpital sud-francilien à Corbeil-Essonnes, le grand stade de Lille, le Pentagone français, Musée des civilisations à Marseille… Les points communs à ces partenariats Privé/Public : décision litigieuse dans l'octroiement des marchés, sous-estimation des coûts de construction, coûts de maintenance exorbitants… Continuez tout seul en puisant aux sources journalistiques qui ne manquent pas.

Pour ceux qui veulent se faire une première idée sur l'ampleur des problèmes consécutifs aux PPP, une compilation réalisée par un 'Castor énervé' qu'on salue : http://le-castor-enerve.fr/pdf/111213%20Dossier%20du%20castor%20PPP.pdf

Mais après tout, l'Agglo de Grenoble a bien droit à son petit PPP, tant que nos élus se trouvent en déficit d'information, ils peuvent continuer à rêver. Probable qu'ils ne lisent que le Dauphiné Libéré ; ceci expliquant cela.
De leur côté, il semble que les "Privés" sachent mieux ficeler les contrats que nos très chers élus. A moins que ces derniers, au moment de la signature, soient plus préoccupés par le prestige dont ils bénéficient au présent que des lourds remboursements auxquels ils soumettent leurs administrés au futur.

dimanche 2 décembre 2012

La citation ou "Pour cent briques t'as plus rien"

Yannick Boulard, maire de Fontaine Dauphiné Libéré, 31/08/2012 :

« A 50 millions d'euros, ce n'est pas un projet cher ».


Selon l'agence de communication Ogilvy France, Red Bull a dépensé 50 millions d'euros pour promouvoir sa boisson dans le cadre de la mission Stratos. Comment ? En sponsorisant l'exploit de Felix Baumgartner sautant de 30 000 mètres d'altitude. Elle nous explique pourquoi ce n'est pas cher payé. Nos stratèges en développement local se sont sentis pousser des ailes… Mais ce sont les contribuables qui feront le grand saut !

Pendant ce temps, l'État invite les collectivités territoriales à rationaliser leurs dépenses.  Un conseil qui ne semble pas freiner l'ardeur de nos édiles alors qu'a y regarder de près, il paraît inapproprié de parler d'opportunité financière avec ce projet d'apparat.

Dire qu'il ne coûtera 'que 50 millions d'euros'*, c'est mentir aux citoyens/usagers. 50 millions d'euros financés par l'emprunt (amortissement sur 30 ans au taux de 5%) deviendront en réalité 125 millions d'euros à la charge de la collectivité (capital + intérêts). Pris dans l'engrenage Dexia, Fontaine n'est pourtant pas sans savoir qu'un prêt bancaire est assorti d'intérêts d'emprunts !

*Estimation faite avec une technologie inappropriée, le monocâble. On s'achemine vraisemblablement vers le 3S, deux fois plus cher mais adapté au projet… Et donc, si on y ajoute les intérêts, à une somme encore plus élevée (ainsi 90 millions d'euros empruntés coûteront au final 225 millions à la collectivité).

mardi 20 novembre 2012

Un dossier pour comprendre les enjeux du projet de câble Agglo-Vercors

Face à un projet de cette envergure, il était important d'effectuer une synthèse de ses nombreuses facettes et de vous la donner à lire sous une forme détaillée. Pour éviter de porter un jugement à la va-vite, nous avons collecté des informations aux sources officielles et les avons confrontés aux affirmations péremptoires, voire carrément fausses, de ses promoteurs. 

Nous vous soumettons ici ces données et le fruit de notre réflexion pour vous permettre d'établir votre propre jugement. A vous de décider, en toute connaissance de cause, de la validité de ce projet ou de son inutilité.

Le dossier "Réflexions citoyennes sur le projet de câble Agglo-Vercors" est à télécharger ici.



samedi 10 novembre 2012

Notre futur proche : l’intégration à venir des communes du plateau à la Métro

L’enjeu véritable du projet de téléphérique est à chercher pour partie dans la volonté de la Métro de devenir une Communauté Urbaine (450 000 habitants requis mais aussi une dotation financière supplémentaire conséquente pour La Métro et du prestige pour son leader). 

Pour cela, Marc Baietto doit convaincre encore quelques communes de la rejoindre. Les communes du plateau du Vercors sont dans la ligne de mire après que de nombreuses autres aient refusé l’invitation. Le hic c’est qu’aujourd’hui rien ne relie la Métro au plateau. Le projet de téléphérique est le pied de biche qui doit permettre d’entrer chez ces vertacomicoriens jusque-là récalcitrants (avec un nom pareil faut vraiment qu’ils soient motivés ceux d’en-bas !). Voilà probablement l’explication majeure de toute cette agitation. Et s’il y a urgence c’est que le mandat du président s’achève en 2014 (...et une guerre des chefs annoncée) !

Fauteuil ou strapontin ?
Si les choses suivent leur cours, nos maires du plateau se retrouveraient à siéger au sein du prestigieux Conseil de Communauté comme vice-présidents. Belle promotion. Mais après tout, il faudra bien que les 11000 habitants du Vercors se fassent entendre parmi les 450 000 autres. Il faudra que ces messieurs donnent de la voix…

Augmentation importante des impôts locaux en perspective
La loi de réforme des collectivités territoriales n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 prévoit la possibilité d’unification des taux des impôts locaux dans son article 72 qui modifie l’article L5211-28-3 du Code Général des Collectivité Territoriales :

« Un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre et ses communes membres peuvent décider, sur délibérations concordantes de l'organe délibérant et de chacun des conseils municipaux des communes membres, de procéder à l'unification de l'un ou de plusieurs des impôts directs suivants : la taxe d'habitation, la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties.
Pour chaque taxe dont l'unification est décidée, le taux de la taxe est voté par l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale dans les mêmes limites et conditions que celles applicables à son vote par les communes ».

Ainsi l’adhésion à la Métro ouvrirait la voie à une possible unification des taux d’imposition au niveau intercommunal qui se traduirait inévitablement pour les communes transfuges du Vercors par un alignement sur des taux proches de ceux de Grenoble. Pour les habitants du plateau concernés, l’augmentation des impôts locaux pourrait ainsi être considérable dans le seul but de financer le service de la dette de la Métro (356,5 millions d'euros d'après son rapport d'activités 2011) et des investissements de prestige dont ils profiteraient peu (fiasco du stade des alpes).

L'exemple de Miribel-Lanchâtre
Versant négatif de l’intercommunalité, les taux votés en matière de taxe d'habitation sont 4 fois plus élevés à la Métro (en 2011, 2,29% pour la CCMV, 8,64% pour la Métro).
A l'image de Miribel-Lanchâtre, nouvel entrant à la Métro, un effort conséquent de nivellement de leurs taux a dû être fait pour que le contribuable Lanchâtroux ne le sente pas trop passer sur sa feuille d'imposition.
Les aides et subventions temporaires apportées par la Métro sont sensées compenser cette baisse de recette ... mais pour combien de temps ?
C'est peut-être cela l'agglomération solidaire dont nous parle avec entrain Marc Baietto !

pour télécharger les taux votés en 2011 par communes (CCMV et Métro) : http://dl.free.fr/getfile.pl?file=/8hu9VD4n

lundi 29 octobre 2012

Transports utiles contre transports ‘glamour’

Et si on parlait de quelques solutions alternatives, pas ‘‘innovantes’’ pour un sou, mais utiles au citoyen très très moyen.

Qu’adviendra-t-il de celui qui n’aura pas les moyens de payer son ticket « entre 3 et 5 euros » (soit entre 6 et 10 pour l’aller-retour), ni de le faire financer par la très grosse 
entreprise dans laquelle il a le tort de ne pas travailler ? Il continuera à prendre sa voiture tout en ayant contribué à un équipement qu’il n’utilisera pas.

Imaginons une famille modeste de quatre personnes qui veut venir respirer l’air pur autour des gares d’arrivée. C’est vrai qu’ils peuvent toujours marcher avec sac à dos, rollers 
pour l’aîné et poussette pour la dernière née, madame se charge de la glacière. A quatre, ça nous fera (on arrondit à 4 euros par personne le trajet : 4x4x2 = juste 32 euros… une misère. Mais la santé n’a pas de prix ! « Peuvent prendre le car », ça tombe sous le sens. Mais des cars il n’y en aura plus. Trop ringard, trop polluant, trop ‘‘service public’’ probablement. On cite Pierre Buisson : « Une partie de ces liaisons [par car] n’aura plus d’utilité quand le transport par câble fonctionnera ».

La fin annoncée du service public


Tous ceux que le bus ramassent aux arrêts intermédiaires seront eux aussi obligés de prendre une voiture ! S’ils en ont une, on pense aux jeunes. Ceux qui actuellement ont 
fait le choix du car, devront passer au téléphérique, soit du service public au service privé avec aucune garantie sur l’évolution des prix. Et si on réétudiait la piste des transports en commun ? Oups ! C’est vrai que La Métro n’en a pas la compétence, ce sera donc au Conseil Général d’être ‘‘innovant’’…

mardi 2 octobre 2012

L’art des grands projets inutiles


Pour dénoncer ces projets qui fleurissent un peu partout en France, pour définir ce qu’est exactement un GPII (Grand Projet Inutile Imposé), des voix démocratiques se font entendre :

Alain Devalpo dans le monde diplomatique d'août 2012 :
« Les grands projets d’aménagement du territoire ne visent pas toujours à satisfaire des besoins. Pour vendre la construction d’une ligne de train à grande vitesse que peu de gens souhaitent utiliser ou celle d’un aéroport dans une région qui n’en nécessite pas, ingénieurs, promoteurs et maîtres d’ouvrage rivalisent d’habileté et de rhétorique. Justifier l’inutile est devenu une véritable culture dont on peut saisir les règles, les rites et les rythmes en lisant la conclusion d’un séminaire — fictif — sur le sujet ».
L'article complet à lire ici.

Par ailleurs, le deuxième Forum Thématique Européen contre les "Grands Projets Inutiles Imposés" s'est tenu cet été à Notre-Dame-des-Lande : http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/

Cet événement a été relayé le 29 septembre dernier sur les ondes de France Culture dans l'émission Terre à terre :
http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-forum-sur-les-grands-projets-inutiles-a-notre-dame-des-landes-2012-09-29

mercredi 26 septembre 2012

Pour entendre un autre son de cloche sur le câble

Bonjour,

La liste est longue des médias qui parlent positivement du projet de liaison par câble entre l'agglomération grenobloise et le plateau du Vercors. Trop longue. Nous voulons rendre compte sur ce blog d'arguments qui démontrent que tout n'est pas si merveilleux dans ce projet. A peu près sous tous ses aspects, il est même contraire à l'intérêt général. Alors que bizarrement il est soutenu par l'ensemble des supports de communication de la région. Soyons naïfs, étonnons-nous !
C'est pour cette raison que nous ne donnerons ici la parole qu'à ceux qui ont des arguments capables de démontrer en quoi ce projet est une absurdité du point de vue de l'intérêt général. Ecrivez-nous, on vous publiera.

Ce blog donc a pour vocation d'assurer un (petit) contrepoids démocratique face à la déferlante des enthousiastes de tout crin : élus, promoteurs, financiers, édiles en mal de reconnaissance, bétonneurs, groupes hôteliers, et même quelques écologistes égarés…

Les supporters du projet trouveront ailleurs de quoi exprimer leur farouche adhésion. Dans le désordre : Les Infos CCMV – Le Dauphiné Libéré – Grenews  Le Métroscope – Les Affiches – Le Journal du Parc Régional du Vercors – Isère magazine – Vercors TV –
Et on en passe que l'on ne connaît pas.